La cérémonie commémorant le 70ème anniversaire de la Journée Nationale du Souvenir des victimes et des héros de la Déportation s’est déroulée le 26 avril à 11h au Monument aux Morts. Réunis autour du Monument aux Morts, le maire et plusieurs élus, les différentes associations et fédérations d’anciens combattants, les agents de la Police Municipale ainsi que les Villeparisiens ont commémoré le 70ème anniversaire de la Journée Nationale du Souvenir des victimes et des héros de la Déportation.

Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied du Monument aux Morts au nom du maire et du conseil municipal, du Comité d’Entente des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (CEACVIG) de Villeparisis et du Parti Communiste Français (PCF) et de ses élus.

MESSAGE COMMUN des associations de déportés, La Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (F.N.D.I.R.), La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (F.N.D.I.R.P.), La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (F.M.D.), L’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus (U.N.A.D.I.F.),

lue par Annabelle, arrière-petite-fille de Julien DELESPINAY, déporté à Auschwitz puis à Jaworzno où il a été abattu en janvier 1945 :

En cette période du 70ème anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination, de la défaite du nazisme et du retour des déportés, nos pensées vont tout d’abord à tous ceux qui ne sont pas rentrés, victimes de la barbarie des oppresseurs nazis.

Nous voulons aussi rappeler la longue incertitude et l’anxiété des familles guettant le retour des survivants, notamment au Lutetia, la joie des retrouvailles pour les uns et la détresse devant l’anéantissement terrible de l’espoir pour les autres.

Le retour des déportés que nous commémorons aujourd’hui a symbolisé la défaite de la déshumanisation pratiquée systématiquement par les nazis et le triomphe de la liberté et des valeurs fondatrices de la civilisation.

Les déportés rappellent, pour les avoir vécus, à quels désastres conduisent la violence, le mépris de la dignité humaine, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Au lendemain des événements tragiques qui ont durablement ébranlé la conscience collective au mois de janvier dernier et réveillé nos sentiments patriotiques, nous voulons dire notre attachement à la République et à l’unité nationale.

L’oubli, la banalisation de l’horreur et de la violence, l’instrumentalisation de la peur et le rejet de l’autre sont les dangers réels qui menacent nos sociétés.

Cette Journée du Souvenir revêtira tout son sens si elle ne se limite pas à la mémoire du passé mais si elle s’inscrit aussi dans le présent et l’avenir. Il appartient aux nouvelles générations d’honorer l’action et les sacrifices des déportés en agissant pour que le respect de la dignité humaine, la solidarité et la liberté triomphent à nouveau dans un monde plus juste et plus pacifique.

DISCOURS de Monsieur le maire Hervé Touguet :

Mesdames et Messieurs les Représentants des Associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants des Corps Constitués,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Chaque année, le dernier dimanche d’avril est l’occasion de nous retrouver afin d’honorer la mémoire de toutes les victimes de la barbarie nazie qui ont connu l’enfer avant de connaître la mort.

Il faut rappeler à nouveau ce matin, que sur les 60 millions de victimes civiles et militaires de la seconde guerre mondiale, plus de la moitié se composait de civils parmi lesquels 3 millions disparurent en déportation simplement pour ce qu’ils étaient. Bannir, chasser, déraciner, exiler, tels sont les principaux synonymes du verbe déporter… Cela veut tout dire. On oublie trop souvent, en particulier les jeunes générations, que derrière la montée du nazisme et du fascisme, qui a frappé l’Europe dès le début des années Trente, s’est cachée une vaste opération d’extermination des juifs, des tsiganes, des résistants…

Dachau, Buchenwald, Ravensbrück, Mauthausen, Auschwitz … autant de noms qui symbolisent l’horreur.

Ne laissons pas sombrer dans l’oubli les souvenirs aussi douloureux soient-ils. Ne banalisons pas l’indicible, l’impensable. Ces atrocités ont été commises il y a un peu plus de 70 ans. C’était hier. Soyons vigilants. Pour ce qui concerne le souvenir, celui-ci est difficile à transmettre et le temps presse. Qui se souviendra ? Bientôt  Il n’y aura plus de survivants, de témoins.

Notre devoir est de continuer d’informer les jeunes générations, inlassablement, de ce qui s’est passé en Europe à cette époque. Pour que plus jamais, l’humanité ne connaisse de telles horreurs. Aujourd’hui, le martyre de ces hommes et femmes, de ces enfants doit être présent dans nos esprits.

Il faut donc en effet, sans relâche, répéter que cette célébration n’est pas uniquement tournée vers l’Histoire mais bien vers notre Présent et notre Avenir. Et en nous souvenant, gardons les yeux grands ouverts sur ces atrocités qui se déroulent encore de nos jours, dans différents pays du globe déchirés par la haine, gardons les yeux ouverts et soyons vigilants aux haines dont certains voudraient, sous d’autres formes, empoisonner nos démocraties.

Je ne peux oublier le passé, même si je ne l’ai pas connu, parce qu’un présent dans lequel des femmes, des enfants, des hommes souffrent encore et toujours dans leur chair, un présent où l’on torture ou on assassine dans un aveuglement que nous devons dénoncer est insupportable.

Comme symbôle de cette journée du souvenir, à l’issue de cette cérémonie, je vous inviterai à rejoindre le Parc Honoré de Balzac afin de rendre hommage à 3 Villeparisiens résistants, et victimes du nazisme. Il s’agit de Julien Delespinay, Gabriel Rey et Guisco Spartaco, dont voici les parcours.

M. Julien Delespinay, dont Annabelle, arrière petite fille vient de lire le message des déportés a été arrêté le 8 octobre 1941 pour faits de résistance. Chargé de la répartition et de la distribution de tracts appelant à la résistance, Julien Delespinay fut le seul de son groupe à être arrêté. Malgré les souffrances endurées, il ne parla pas, protégeant ainsi ses autres camarades. Du 8 octobre 1941 au 22 mars 1944, il fut emprisonné, successivement dans 7 prisons : Meaux, la Santé à Paris, Fresnes, Caen,  Fontevrault, Blois et Compiègne. Après une tentative d’évasion en février 1944, Julien Delespinay est déporté au camp de Mathausen où il restera jusqu’en décembre 1944, date à laquelle il est déporté à Auschwitz. À l’approche des troupes alliées et lors de l’évacuation sur Jaworzno, il fut abattu sur la route le 18 ou le 19 janvier 1945. Le n° de matricule de Monsieur Delespinay était le 201.694.

Monsieur Gabriel Rey fut également résistant de la première heure. Arrêté par les allemands, il est emprisonné et déporté dans le camp d’Auschwitz où il meurt en 1941. Nous disposons de peu d’informations sur le calvaire qui fut celui de Gabriel Rey et pourtant nous pouvons imaginer sans peine les conditions dans lesquelles son engagement le conduisit à cette mort atroce.

M. Guisco Spartaco faisait partie des francs-tireurs et partisans français qui effectuaient des reconnaissances aux environs de Nantes. Suite à l’exécution d’un groupe de jeunes français par les nazis, Guisco Spartaco avec son groupe de résistants, et, en guise de représailles, capturèrent un gradé allemand dans un hôtel de Nantes avant de le fusiller sur une des places de la Ville. Suite à cette action de résistance, Guisco Spartaco  fut arrêté par les nazis et fusillé au Mont Valérien le 17 avril 1942 avec 22 de ses camarades.

Aujourd’hui, je tiens, au nom de la ville de Villeparisis et du conseil municipal, à rendre hommage  à Messieurs Julien  Delespinay, Gabriel Rey et Guisco Spartaco. Je vous remercie de votre présence et vous invite à nous retrouver au parc Honoré de Balzac. Ceux qui le souhaitent pourront emprunter le mini bus municipal qui les ramènera ici après la cérémonie.