Lieutenant Fabien James

Lieutenant sapeur-pompier, Fabien James se souvient parfaitement du printemps dernier. Bien sûr parce que le chef du Centre d’Incendie et de Secours de Villeparisis venait à peine d’en prendre le commandement, le 1er février. Mais surtout parce que l’activité « classique » de la caserne s’est d’un coup écroulée.

Avec le confinement, quasiment plus d’intervention sur la voie publique, plus d’accident routier. Le coupable ? La Covid-19. Très vite, l’équipe s’est trouvée en première ligne face au virus. Les combinaisons intégrales sanitaires ont été sorties, des consignes de sécurité drastiques appliquées. Les pompiers villeparisiens ont commencé le triste et dangereux ballet du transport de malades vers l’hôpital de l’Est Francilien, à Jossigny. Ils y ont même aidé à tenir la « tente de tri », à l’entrée, pendant quinze jours. Un souvenir qui ne s’oublie pas. « On est montés à 12 voire 15 transports par jour », dénombre le lieutenant James.

2 500 opérations par an

En zone urbanisée, au bord d’un nœud routier, la caserne de Villeparisis déborde d’activité. En des années plus « normales », elle prend en charge près de 2 500 opérations l’an. 16 pompiers professionnels y travaillent, aux côtés de 54 volontaires. On y compte 21% de femmes. Le jour, 9 pompiers sont de garde. La nuit, 7. Outre ses missions courantes, l’équipe a développé deux spécialités : le risque animalier et les secours en milieu périlleux (secourir un grutier par exemple).

La caserne a été confiée à un homme « venu du rang », comme il aime à le rappeler. Car avant d’en faire son métier, Fabien James a été à 16 ans l’un de ces pompiers volontaires si précieux à l’institution, et que le centre villeparisien cherche aussi à recruter. Lognes, Ozoir-la-Ferrière, Chelles, Dammartin-en-Goële, Lognes à nouveau, Melun (au Centre opérationnel départemental), puis Villeparisis : au gré des affectations, des concours de sous-officier puis d’officier, il a connu le terrain, urbain, rural, mais aussi la gestion départementale des secours. Une large expérience, donc.

Implication locale

Depuis une dizaine d’années, le Centre de secours se trouve en bout de ville, entre l’école Barbara et la nationale 3.  Une position pratique. Dans les hangars, les camions rouges sont prêts au départ rapide. Dans la cour, dans un enclos, quelques ruches insolites ont été installées, et des pompiers formés à l’apiculture. Pour autant, pas question de rester entre soi. La caserne entend participer à la vie de la cité. On croise ces soldats du feu aux commémorations patriotiques, au Forum des Associations parfois. Au printemps dernier, ils sont intervenus à la résidence Autonomie Octave Landry pour former aux bons gestes sanitaires anti-Covid. Ils ont sensibilisé les policiers du secteur aux règles d’évacuation d’habitations en cas de feu. Ils ont alerté contre les débordements pyrotechniques du 14 juillet. Ils portent aussi un projet festif le 20 juin prochain au parc Balzac sur le thème de l’auto. Course de véhicules sans moteur dans les rues de la commune, sensibilisation au risque routier, présence de vieilles voitures, rappel des gestes qui sauvent, démonstration de désincarcération, séance de cinéma : ce « Villepa Motors » s’annonce alléchant. Si le contexte sanitaire n’y met pas un coup de frein.