Chloé, chanteuse

Une passion transmise par ses parents.

Lundi 21 juin devant le centre culturel Jacques Prévert, Chloé (13 ans) remontera sur scène pour la première fois depuis l’aventure The Voice Kids. Ce sera devant le public villeparisien, lors de la Fête de la musique, neuf mois après la diffusion du télécrochet de TF1 et ses millions de spectateurs. Elle y fera aussi (avec son père) une de ses premières prestations dans la ville, en dehors des activités du conservatoire municipal qu’elle a fréquenté plusieurs années pour ses cours de chant et de flûte traversière. Ce programme musical qu’elle regarde régulièrement, elle rêvait d’y participer depuis longtemps, parce que chanter est sa passion.

Une passion transmise par ses parents, dans une famille où les grands-parents chantent déjà ou jouent de l’accordéon. Mikael, le père de Chloé, se produit sur scène depuis de nombreuses années dans un cadre associatif à Gagny (93), ayant participé à des comédies musicales montées notamment avec la collaboration de la chanteuse québécoise Fabienne Thibeault. Mais il y a eu aussi d’autres occasions, des Téléthon ou des fêtes de la musique. Voir son père sur scène, l’y rejoindre parfois, partager les coulisses: la jeune fille y prend goût.

Au casting The Voice Kids

C’est dans la préparation d’un de ces spectacles à Gagny, avec des musiciens prêts à aider, qu’une vidéo en particulier est tournée. Chloé y interprète « Tout doucement », un succès de Bibie, chanteuse des années 80. Lui laissant la surprise, ses parents l’adresse au casting de The Voice Kids. La jeune fille est sélectionnée, l’apprenant alors qu’elle chante dans une maison de retraite. Surprise. Émotion. Un rendez-vous est pris, premier de cinq étapes de sélections. Chaque pas est un contentement. Un rêve qui se poursuit. Chloé porte sa chanson fétiche. La voici invitée à concourir pour les auditions à l’aveugle. À chaque rendez-vous, la jeune fille a été accompagnée, coachée, ses parents à ses côtés. Tout autre scénario désormais.

À l’automne 2019, à 11 ans, dans les studios de la Plaine Saint-Denis au nord de Paris, la voici entrant seule sur le plateau qu’elle n’a vu que sur petit écran, avec ses fauteuils rouges, les projecteurs, les musiciens. Dans les fauteuils sont assis Jenifer, Soprano, Kendji Girac et Patrick Fiori. Elle se souvient aujourd’hui avoir été impressionnée par cette « grosse machine », par ces vedettes croisées « pour de vrai », mais aussi saisie d’un immense plaisir à chanter. « Tout passe très vite. J’étais stressée. Ma voix partait dans tous les sens. Mais j’étais concentrée. J’ai bien vu que Kendji Girac se retournait mais je n’ai pas réagi. » Chloé y gagne la possibilité de progresser auprès de professionnels, et le droit à une deuxième prestation sur scène lors des « Battles », étape qu’elle ne passe pas, en chantant en trio « Chandelier », de Sia. L’émission est diffusée en septembre 2020.

Au collège, à Villeparisis, elle n’a pas le droit d’en parler à ses amis, qui lui disent pourtant que cette émission est faite pour elle. Après sa prestation télévisée, les messages affluent. On l’arrête dans les couloirs. Pour canaliser, et accueillir les réactions du public, sa mère ouvre une page Instagram, qu’elle gère. Ses parents veulent à tout prix protéger Chloé de cette notoriété soudaine qui ne change rien à la vie quotidienne. Ils ont pris conseil auprès de la psychologue de l’émission. Et puis la Covid et les confinements arrivent, ramenant (sur ce point) un peu de sérénité.

Aujourd’hui, Chloé continue de chanter, et continuera, sans idées préconçues. Elle a mûri. Elle a pris de la confiance en soi. Son avenir, immédiat, c’est le collège où elle s’apprête à entrer en 4e. Elle a enregistré quelques vidéos pour Instagram. Elle souhaite aussi désormais apprendre à jouer de la guitare.