Claude Pally

Témoigner pour que le souvenir ne s’efface pas. C’est la tâche que s’est assignée Claude Pally, 87 ans, commémoration après commémoration puisqu'il est président du comité d'entente des anciens combattants et victimes de guerre.

Dimanche 25 avril à nouveau, devant la stèle de la Déportation, place Henri Barbusse, lors de la Journée nationale du souvenir, le président du Comité d’Entente des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (CEACVG) de Villeparisis était présent, entre drapeaux tricolores et gerbes de fleurs, à écouter résonner le Chant des Partisans et la Marseillaise.

Ce 25 avril, il n’a pas lu de discours. C’est l’arrière-petite-fille de Julien Delespinay, déporté, qui s’est chargée de délivrer le message commun d’organisations d’Anciens combattants, avant que les élus locaux et le CEACVG ne fleurissent la stèle. Il y avait-là des thèmes chers à Claude Pally, de ceux qu’il aime à répéter dans ses discours. Rappeler la lutte de quelquesuns, héros restés debout face à la barbarie nazie. Souligner que la démocratie, la liberté, la solidarité sont des valeurs essentielles à notre société, mais aussi que dans notre époque théoriquement apaisée, de nouvelles menaces émergentes.

L’affaire de tous

« Nous sommes les héritiers de ce que nos aînés nous ont légué au prix d’immenses sacrifices. Commémorer doit être l’affaire de tous ceux qui ont reçu cet héritage, et pas seulement des seuls survivants de cette période », martelait-il fin août dernier, lors du 76e anniversaire de la libération de Villeparisis.

Et c’est aussi là que le bât blesse. Années après années, ceux qui ont vécu les derniers conflits disparaissent. Comment transmettre la mémoire, alors, en temps de paix ? Comment œuvrer pour vanter sans cesse l’idée de la construction européenne, comme rempart aux nationalismes ? « Ces conflits du passé s’éloignent dans la mémoire des gens. Cette mémoire n’est plus aussi vive, alors qu’on ne tire pas forcément les leçons du passé. »

Président du Comité d’Entente depuis une quinzaine d’années, Villeparisien depuis 1965, ancien dessinateur industriel, Claude Pally constate que les vocations se font rares. Pour lui, enfant de la Seconde guerre mondiale vécue en Tunisie, puis combattant en Algérie, plus tard témoin de la course aux armements, il a trouvé à l’époque une motivation évidente pour militer sur l’air du « Plus jamais ça »

L’air du « Plus jamais ça »

Mais aujourd’hui ? Certes, les deux Conseils de jeunes (CMJ et CCE) et des écoles ont déjà été associés par le passé aux commémorations. Des cérémonies largement perturbées aussi dorénavant par les restrictions dues à la crise sanitaire de la Covid 19. Lors du premier confinement de 2020, l’accès des Anciens combattants aux commémorations n’était plus de règle: décision préfectorale oblige envers un public fragile. Cela semble un peu plus facile désormais. Pour le Comité d’Entente comme pour les membres d’autres associations (FNACA, UNC, AFMD…), il s’agit de poursuivre aussi longtemps que possible.

"Commémorer doit être l’affaire de tous ceux qui ont reçu cet héritage, et pas seulement des seuls survivants."